Groupe électrogène pour la maison : quelle puissance en secours ?
3, 5 ou 8 kW ? Tout dépend de ce que vous voulez garder allumé pendant la coupure. La méthode pour additionner vos appareils, les pièges des moteurs électriques, et les modèles qui conviennent.
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Une coupure de courant de quelques heures se supporte ; une coupure d'une journée en hiver, avec un congélateur plein, une chaudière à l'arrêt et une pompe de relevage, beaucoup moins. Un groupe électrogène de secours règle le problème, à condition d'être dimensionné pour ce que vous voulez vraiment alimenter. Trop petit, il disjoncte au premier démarrage de moteur ; trop gros, il coûte cher, consomme et pèse. Voici la méthode.
Étape 1 : la liste des appareils
Notez ce qui doit fonctionner pendant la coupure, pas tout ce qui est branché dans la maison. En secours domestique, on garde en général :
- réfrigérateur et congélateur : 100 à 300 W chacun en fonctionnement ;
- éclairage : quelques dizaines de watts en LED ;
- box internet, téléphones, ordinateur : moins de 100 W ;
- chaudière gaz ou fioul (circulateur et électronique) : 100 à 300 W ;
- poêle à granulés : 300 W à l'allumage, puis 50 à 100 W ;
- pompe de relevage ou surpresseur : 500 à 1 100 W ;
- micro-ondes : 1 000 à 1 500 W ;
- plaques, four, chauffe-eau, radiateurs électriques : 1 500 à 3 000 W chacun, à exclure sauf besoin impératif.
Étape 2 : les pics de démarrage
C'est le point que tout le monde oublie. Un appareil à moteur ou à compresseur appelle, pendant une fraction de seconde au démarrage, deux à cinq fois sa puissance nominale : un congélateur de 200 W demande 600 à 1 000 W au démarrage, une pompe de 1 000 W jusqu'à 3 000 W. Les appareils purement résistifs, chauffage, éclairage, n'ont pas de pic.
Additionnez les puissances de fonctionnement de tout ce qui marche en même temps, puis ajoutez le pic du plus gros moteur. Prenez enfin une marge de 20 à 30 % : un groupe qui tourne en permanence à sa limite s'use et consomme.
Étape 3 : les trois profils courants
Le minimum vital : froid, lumière, communication
Réfrigérateur, congélateur, quelques lampes, box et téléphones : 600 à 800 W en fonctionnement, un pic à 1 500 W. Un groupe de 2,5 à 3 kW suffit, et un modèle inverter sera plus silencieux et plus sobre. Voir les groupes de 3 kW.
Le confort : chauffage central et eau
Ajoutez la chaudière ou le poêle à granulés, une pompe de relevage ou un surpresseur, le micro-ondes de temps en temps : 1 500 à 2 500 W en fonctionnement, un pic à 3 500 W. Visez 5 kW : groupes de 5 kW.
La maison qui continue presque normalement
Tout ce qui précède plus une plaque de cuisson ou un chauffe-eau, à condition de ne pas tout faire en même temps : 7 à 8 kW et un démarrage électrique, plus confortable par temps froid. Voir les groupes de 8 kW et les modèles à démarrage électrique. Au-delà, pour une pompe à chaleur ou un chauffage tout électrique, on passe à 10 kW et plus, souvent en diesel.
Monophasé ou triphasé
Une maison est presque toujours en monophasé 230 V : prenez un groupe monophasé. Si votre installation est en triphasé, par exemple pour une pompe à chaleur ou un atelier, il faut un groupe triphasé 400 V, en sachant qu'il ne délivre en monophasé qu'un tiers de sa puissance sur chaque phase. Lisez bien la fiche : « 8 kW triphasé » ne signifie pas 8 kW disponibles sur une prise 230 V.
Comment raccorder le groupe à la maison
Tirer une rallonge jusqu'au congélateur dépanne une nuit. Pour alimenter la maison par son tableau électrique, il faut un inverseur de source, manuel ou automatique, installé par un électricien : il isole la maison du réseau avant de la connecter au groupe. C'est obligatoire pour la sécurité des agents du réseau et pour éviter de détruire le groupe au retour du courant. Les groupes avec démarrage électrique et entrée ATS peuvent se coupler à un inverseur automatique, qui démarre le groupe seul en cas de coupure ; notre guide sur le secours automatique détaille ce montage.
Lire la puissance sur une fiche
Retenez la puissance continue, parfois appelée nominale ou « COP », pas la puissance maximale qui ne tient que quelques minutes. Si la puissance est donnée en kVA, comptez environ 0,8 kW par kVA en monophasé. Notre guide « kVA, kW, puissance continue » explique ces chiffres.
Les autres critères pour un usage secours
- Régulation AVR : stabilise la tension, indispensable pour l'électronique de la chaudière, la box et les ordinateurs. L'inverter fait mieux encore.
- Démarrage électrique : à partir de 5 kW, tirer un lanceur par -5 °C n'est pas une partie de plaisir.
- Autonomie : un réservoir de 10 à 25 litres donne 6 à 12 heures à mi-charge selon la motorisation.
- Bruit : un groupe de secours tourne près de la maison, parfois la nuit ; un modèle insonorisé ou inverter rend service au voisinage.
- Stockage : un groupe qui ne sert que deux fois par an doit être démarré tous les mois et son carburant renouvelé ou stabilisé.
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